Reconstruction du sein par implant mammaire

Principe de la reconstruction du sein par implant mammaire

La difficulté de la reconstruction mammaire par prothèse est d’avoir assez de peau disponible pour couvrir l’implant.

Dans certaines techniques de mastectomie une grande partie de la peau ou sa totalité est conservée. Par exemple dans la mastectomie sous-cutanée toute la peau est conservée, parfois l’aréole est aussi conservée. Dans ces cas un implant peut être directement mis en place.

Dans les techniques ou la peau du sein est enlevée, il faut créer de la peau ou en mobiliser d’une région avoisinante.

Technique chirurgicale de la reconstruction du sein par implant mammaire

La reconstruction peut s’effectuer en un temps ou deux temps en fonction de la peau disponible.

 

Quand la reconstruction est faite en un temps le chirurgien reprend la voie d’abord de la mastectomie, créée une poche sous musculaire et met en place l’implant. S’il manque de peau il peut utiliser la technique du lambeau abdominal d’avancement qui consiste à décoller la peau située sous le sein, en descendant vers l’abdomen, et remonter cette peau vers le haut pour couvrir la prothèse. La peau est ensuite fermée après mise en place d’un drain.

En fin d'intervention, un pansement modelant (type « cœur croisé »), avec des bandes élastiques, peut  être mis en place.

 

Quand la reconstruction est faite en deux temps, le chirurgien met en place dans la loge créée un expandeur, puis ferme la peau après mise en place d’un drain. L’expandeur est une prothèse gonflable qui sera gonflée progressivement dans les mois qui suivent l’intervention. Ceci permet d’obtenir une distension de la peau. Lorsqu’on a obtenu suffisamment de peau, la deuxième intervention permet d’enlever l’expandeur et mettre à sa place une prothèse définitive.

Suites post-opératoires

En général une hospitalisation d'une nuit est habituellement suffisante. Le retour au domicile s’effectue le lendemain.

Les suites opératoires peuvent être douloureuses les premiers jours, notamment lorsque la prothèse est placée derrière le muscle grand pectoral. Un traitement antalgique débuté lors de l’hospitalisation permet d’atténuer ces désagréments et de les réduire à une forte sensation de tension.

 

Un oedème (gonflement) et ecchymoses (bleus) des seins, gêne à l'élévation des bras sont possibles au début.

Vous êtes revue en consultation quelques jours plus tard. On enlève alors le pansement et on met en place un soutien-gorge de contention s'il n'a pas été mis en place le jour de l'intervention. Le port de ce soutien-gorge est conseillé pendant un mois, nuit et jour. Une astuce pratique : lors de la douche vous pouvez laver votre soutien-gorge en même temps, le sécher au sèche-cheveux et le remettre en suivant.

 

Les fils de suture sont résorbables et il n’est pas nécessaire de les enlever.

Il convient d'envisager une convalescence et un arrêt de travail d'une durée de 4 à 10 jours.

On conseille d'attendre un à deux mois pour reprendre une activité sportive.

 

Vous êtes régulièrement revue en consultation par la suite, pour envisager la reconstruction de la plaque aréolomamelonaire et la symétrisation éventuelle du sein controlatéral.

En conclusion

La reconstruction par implant mammaire est une intervention qui permet de reconstruire le volume du sein mais qui doit être associée à d’autres gestes techniques afin d’obtenir le résultat souhaité.

Suis-je une bonne candidate à la reconstruction du sein par implant mammaire ?


Voici les raisons qui peuvent vous pousser à bénéficier d’une reconstruction du sein par implant mammaire :

 

  • Vous souhaitez une reconstruction avec une technique chirurgicale relativement simple.
  • Vous souhaiter un volume de sein relativement modeste.
  • Vous n’êtes pas en surpoids majeur.
  • Vous ne fumez pas.

 

 

Quels sont les avantages et les inconvénients d’une reconstruction du sein par implant mammaire ?

 

Avantages

 

  • Vous n’aurez pas à porter d’épithèse. L’épithèse est une prothèse externe mise dans le soutien gorge.
  • C’est un moyen de mettre la maladie derrière soit et aller de l’avant.
  • Vous pourrez retrouver une apparence plus féminine et plus en accord avec ce que vous étiez avant la mastectomie.

 

Inconvénients

 

  • Il s’agit d’une chirurgie supplémentaire.
  • Vous porteuse d’un implant et vous pouvez être amené à le faire changer.
  • Le risque de coque est présent.
  • Vous êtes soumise aux risques inhérents à ce type d’intervention.

 

Comment choisir un chirurgien ?


Choisissez un chirurgien en qui vous pouvez avoir confiance.


Il est important de choisir un chirurgien qualifié en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. Il est aisé de vérifier la qualification d’un chirurgien auprès du Conseil de l’Ordre des Médecins.
Il est préférable qu’il ait de l’expérience dans la reconstruction mammaire. C’est une chirurgie en terrain traumatique qui nécessite une approche subtile.

Enfin, il faut que le contact et les échanges verbaux avec le praticien soient aisés. Le chirurgien doit être en mesure de vous expliquer clairement l’intervention et que vous puissiez échanger librement avec lui.

 

Comment se déroule la première consultation ?


La première consultation est l’occasion pour vous et votre chirurgien de faire connaissance. Le chirurgien va évaluer si vous êtes une candidate adéquate à ce type de reconstruction, comprendre vos souhaits et vous expliquer ce que vous pouvez attendre de l’intervention.

 

Le chirurgien demandera des renseignements sur :

 

  • La date et les conditions de la mastectomie si la reconstruction se fait en différé
  • Vos attentes pour cette reconstruction.
  • Vos antécédents chirurgicaux et médicaux.
  • Vos traitements passés et actuels.
  • Les antécédents de chirurgie du sein.
  • Une éventuelle addiction tabagique.
  • Votre taille et poids ainsi, qu’éventuellement, la taille de soutien-gorge que vous utilisez.


Au cours de l’examen clinique le praticien  prendra différentes mesures et fera des photos. Il notera:

 

  • La taille actuelle de votre sein controlatéral et celle souhaitée.
  • La qualité de votre peau.
  • La qualité de la cicatrice si la mastectomie a déjà été effectuée.
  • La qualité de votre tissu glandulaire et graisseux.
  • La position de votre/vos aréole(s).
  • La ptose éventuelle du sein controlatéral.

 

Vous évaluerez avec lui la taille et le type d’implant adapté à votre situation.

Le praticien vous expliquera le déroulement de l’intervention et les suites opératoires.

Enfin il vous remettra un devis détaillé afin que vous puissiez connaître le tarif de votre intervention.

 

Comment choisir l’implant ?


Ce sera le fruit d’une discussion entre vous et le praticien.

Les implants mammaires peuvent être répartis en différentes catégories selon :

 

  • Leur nature : 
    • Remplis de sérum physiologique. Ces implants ne sont quasiment plus utilisés en raison de leur toucher peu naturel et le risque de dégonflage rapide.
    • Remplis de gel de silicone. Ce sont les implants couramment utilisés à l’heure actuelle.
  • Leur forme :
    • Rondes.
    • Anatomiques.

 

Dans le cas de la reconstruction mammaire les prothèses anatomiques en gel de silicone sont utilisées majoritairement

 

 

Le jour de l’intervention est fixé, comment me préparer à l’intervention ?


Il est nécessaire de voire un anesthésiste au moins 48 heures avant l’intervention. En l’absence de pathologie intercurrente il vous prescrira une prise de sang.


Il est recommandé d’arrêter le tabac un mois avant l’intervention. Ne prenez pas d’aspirine qui a pour action de fluidifier le sang.


D’une façon générale, il est recommandé de mener une vie saine et équilibrée avec une bonne hydratation. Votre récupération s’en trouvera améliorée.

 

 

Questions fréquentes concernant la reconstruction du sein par implant mammaire.

Combien de temps peut-on garder un implant mammaire?

Tout d’abord, il n’y a pas de consensus sur la question cependant c’est un discours qui était fréquent à l’époque mais on peut être plus nuancé à l’heure actuelle.

Avant l’arrivée des gels cohésifs sur le marché le contenu des implants était en gel plus ou moins liquide et lors d’une rupture ce gel fuyait dans l’organisme entrainant le plus souvent une réaction inflammatoire locale. On préférait à l’époque changer des implants avant cette éventuelle rupture.

A l’heure actuelle les gels utilisés sont, le plus souvent, cohésifs et s’il y a rupture le gel ne coule pas.

Une surveillance régulière par examen clinique est préconisée. En cas de doute sur l’intégrité d’un implant, une IRM peut être pratiquée.

Quelle est la durée du résultat dans le temps ?

La réponse est complexe car elle dépend :

 

D’éventuelle(s) grossesse(s)

Des variations de poids

De la gravité

De la qualité de la peau

Des variations hormonales

Qu’est-ce qu’une coque ?

Il s’agit du durcissement progressif du ou des seins opéré(s). Tout corps étranger implanté dans l’organisme provoque une réaction de défense ; ceci est vrai pour un pacemaker, une prothèse de hanche mais aussi pour des prothèses mammaires. Cette enveloppe est généralement souple. Dans certains cas elle se calcifie et devient dure. On parle alors de coques. Il existe la classification de Baker qui permet d’en quantifier le stade :

  • Baker classe I – Les seins doux avec un aspect naturel.
  • Baker classe II – Une légère fermeté des seins avec un aspect naturel.
  • Baker classe III – Des seins fermes avec le début d'une déformation des seins.
  • Baker classe IV – Des seins fermes et douloureux avec déformations.

 

L’incidence des coques est plus important dans le cadre de la reconstruction mammaire que celui de l’augmentation mammaire. Cependant dans les stades III et IV il peut être nécessaire d’intervenir d’enlever la prothèse afin d’effectuer une capsulotomie (fragilisation de la coque) ou une capsulectomie (ablation de la coque) et remettre en place une prothèse.

Le risque coque existe t-il aussi pour un changement de prothèses ?

Oui, le risque de coque est présent à chaque fois que l’on change des implants.

Y a t-il des possibilités d’amélioration si le résultat ne correspond pas à mes attentes ?

Il peut parfois il y avoir des « vagues » le plus souvent due à la finesse de la peau qui laisse entrevoir la prothèse. Toujours à cause de cette situation de l’implant situé juste sous la peau, l’aspect du sein peut avoir un aspect peu naturel avec des angles marqués.

Dans ces cas, un lipofilling peut parfois améliorer la situation.

Puis-je choisir la technique de mastectomie conservatrice de peau afin de bénéficier d’un maximum de peau et obtenir le résultat le plus naturel possible?

Malheureusement le type de mastectomie utilisé est fonction du type de tumeur et le choix se fait en fonction de critères médicaux précis.

Puis-je choisir la taille de mes seins en faisant symétriser le coté controlatéral ?

Dans une certaine mesure le choix de la taille du sein reconstruit peut être choisie puisqu’il est possible de symétriser le côté controlatéral.

Cependant, il faut garder à l’esprit que la reconstruction par implant simple ne permet pas d’obtenir de gros volumes compte tenu de manque de peau.

Je souhaite une reconstruction par implant mais n’ai pas de suffisamment de peau au niveau du sein mastectomisé, un expandeur est-il toujours possible ?

Il n’est pas toujours possible d’utiliser la technique de l’expandeur notamment lorsque la peau est abimée par une radiothérapie. Il faut alors se tourner vers d’autres techniques de reconstruction.

Reconstruction du sein par implant mammaire à Bordeaux